
Entente de Churchill Falls | Après la partisanerie, les calculs
Depuis la guerre commerciale déclenchée par les États-Unis, on oublie qu’une négociation n’a pas besoin d’être un jeu à somme nulle où le vainqueur humilie son adversaire.
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Depuis la guerre commerciale déclenchée par les États-Unis, on oublie qu’une négociation n’a pas besoin d’être un jeu à somme nulle où le vainqueur humilie son adversaire.

L’apparence de stabilité est trompeuse.

Simplifiez les règles et ils viendront. C’était le plan de Mark Carney et de Danielle Smith.

Mark Carney est en train de gagner son pari pétrolier. Sur le plan strictement politique, du moins.

Les chefs de parti auront un été court. Que liront-ils pendant leur bref répit estival, avant le départ des autocars électoraux ? Voici leurs projets de lectures, ou leurs recommandations de livres récemment terminés. Avec, à notre demande, des recommandations pour leurs adversaires.

En juillet 1994, le camp souverainiste était embarrassé. Un reportage de Chantal Hébert dans La Presse rapportait des propos tenus en privé par Jacques Parizeau.

Il manquera un chapitre au Livre bleu. Mardi, le Parti québécois (PQ) détaillera son projet d’indépendance. On sait déjà toutefois qu’un des aspects les plus délicats en sera absent : les relations avec les Premières Nations et les Inuits.

Charles Milliard promettait un plan sur le français qui serait « meilleur » que celui du gouvernement caquiste. Sans surprise, la proposition libérale va moins loin. Mais elle est tout de même un peu plus robuste que prévu. Il brise même un tabou sur la langue au cégep.

Le Québec est moins polarisé qu’on ne le prétend. Les citoyens se parlent encore1, et les élus aussi.

Sur le tableau de bord libéral, une lumière jaune s’allume. Notre sondage Synopsis est un signal d’alarme pour Charles Milliard. Sa pente à remonter est abrupte et le temps file.

Charles Milliard accuse les caquistes de représenter le camp du « Noui » au sujet de l’indépendance, mais le chef libéral entretient une ambiguïté semblable au sujet de la langue.

Avec l’habileté qu’on lui connaît, Éric Duhaime a transformé un des pires moments de la session conservatrice en apparence de victoire.

Les libéraux ont mis leur imagination au travail cette semaine.

Pour la population, la nouvelle est excellente. Le Québec reçoit enfin le financement fédéral promis pour construire et rénover des hôpitaux, des logements et du transport collectif, entre autres.

Peu importe ce qu’on fait, on perd. Si on dénonce la bravade des suprémacistes blancs, on leur donne la visibilité convoitée. Mais si on se tait, on risque de la cautionner indirectement.

Au moins, doit se dire Christine Fréchette, ce n’était pas durant la campagne électorale. La première ministre vient de connaître sa pire semaine depuis qu’elle a succédé à François Legault.

Le grand recul climatique de Mark Carney a maintenant un symbole et un sacrifié : Steven Guilbeault. Après avoir démissionné du gouvernement l’automne dernier, il annoncera ce mercredi quitter le caucus et mettre fin à sa carrière politique à l’été.

À quoi vous servira le beau gros dollar de plus dans vos poches par semaine ? Quinze minutes de stationnement au centre-ville ? La moitié d’un petit café filtre à la chaîne populaire du coin ?

Ce serait comique s’il n’y avait pas autant de gens fâchés.

Pour le Parti québécois, c’est un signal d’avertissement, un autre. Le rapport des OUI Québec s’ajoute à une pile déjà bien garnie, dans laquelle on trouve d’ailleurs les mises en garde faites par Paul St-Pierre Plamondon avant qu’il ne devienne chef.

Le Parti québécois vient peut-être d’aider malgré lui Christine Fréchette.

Mark Carney vient d’enfoncer le dernier clou dans le cercueil du plan vert du Canada. Il n’en reste presque rien, à part les slogans creux et ceux qui font encore semblant d’y croire.

La stabilité des chiffres de notre sondage est trompeuse. Au sommet, l’égalité entre péquistes et libéraux se confirme. La tendance semble lourde, mais elle repose sur des fondations fragiles. Sous les meneurs, les plaques tectoniques bougent.

La fiscalité repose sur un équilibre précaire qui requiert une surveillance constante. La moindre brèche sera exploitée et menacera l’édifice.

Pour le Parti québécois, voilà une mauvaise nouvelle qui fera plaisir.

Pragmatique, rassembleuse, décisive. C’est ainsi que Christine Fréchette s’est présentée mardi dans le discours inaugural de son mandat éclair de première ministre. Mais en tendant bien l’oreille, on entendait une cheffe de parti qui lançait la précampagne électorale.

Christine Fréchette prend un risque épique avec le Dossier santé numérique.

Pour la politique, c’était un sans-faute. Lundi, Christine Fréchette a obtenu une rencontre d’une heure avec le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, pour expliquer les priorités du Québec et comprendre celles des États-Unis.

Pour la gauche, c’est un match nul. Le bonheur des solidaires fait le malheur des néo-démocrates. Avec le déplacement d’Alexandre Boulerice, le NPD disparaît du Québec et devient un parti de l’Ouest et des Prairies.

Le principal garde-fou contre le recours à la disposition de dérogation était censé être le coût politique. Un gouvernement qui viole la charte des droits et libertés doit se justifier face à la population, et en payer le prix à la prochaine élection si la mesure est trop controversée.

Est-ce de la pétanque avec un gilet aérodynamique ? Du bobsleigh à roulettes sur gazon ? Dur à dire en lisant la publication LinkedIn de la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada.

Peut-être qu’il faudrait cesser les analogies entre Christine Fréchette et Mark Carney. « Peut-être » dans le sens de : assurément, et maintenant.

L’espoir peut être lourd. On en sentait le poids tomber sur les épaules de Christine Fréchette quand elle a pris la scène dimanche après-midi à Drummondville pour passer à l’histoire.

Mark Carney est particulièrement efficace comme politicien quand il dit ne pas faire de politique.

« Une fois sortis, on ne pourra plus reculer. » Le 14 novembre 2011, dans l’ascenseur du Palais Montcalm qui les mène à une salle remplie de journalistes, François Legault et ses proches entrevoient ce qui les attend. Mais l’aventure a été encore plus folle que prévu.

À six mois des prochaines élections, rien n’est joué.

La victoire d’Avi Lewis à la chefferie du NPD était sans appel. Reste à savoir si les Canadiens qui ne sont pas membres du parti regardaient. C’est peu probable, à en juger par les récents sondages.

Malgré un autre bon débat, Bernard Drainville n’a pas réussi à ébranler assez sévèrement Christine Fréchette pour renverser la tendance en sa faveur.

C’est le jour d’après pour Air Canada. Celui où le ciel se dégage après la tempête passagère sur son mépris du français. Après plus d’un demi-siècle à accumuler les plaintes, l’aviateur en a l’habitude. Ces francophones émotifs ont l’indignation facile, mais ils oublient vite. Comme on dit, les chiens aboient, la caravane passe.

Soudainement, le Québec se sent moins seul. L’Alberta, la Saskatchewan et l’Ontario se joignent à deux de ses combats : protéger la disposition de dérogation et participer à la nomination des juges des cours fédérales.

Grâce à son bon débat samedi matin, Bernard Drainville a sauvé sa campagne. Ou du moins, il a sauvé les apparences d’une course.

Comment convaincre les gens que vous êtes vivant ? Se montrer le visage ne suffit plus, comme l’a constaté Benyamin Nétanyahou.

Du point de vue de Donald Trump, c’est une offre que les autres pays ne peuvent pas refuser : l’aider à sécuriser le détroit d’Ormuz pour que reprenne le transport maritime de pétrole, de gaz et d’autres biens. Et pourtant, ils la refusent. Notamment parce qu’ils n’ont aucune raison de le faire.

En novembre 1983, les taux d’intérêt battaient des records et l’inflation faisait souffrir les automobilistes. Jacques Parizeau, ministre des Finances, leur a offert un répit. La taxe sur l’essence a été réduite d’environ 4 cents le litre.

Opportunisme, traîtrise, rupture de contrat moral avec les électeurs. Chaque transfuge s’attire les mêmes critiques.

Mark Carney a raté une belle occasion d’expliquer sa position sur l’attaque des États-Unis et d’Israël contre l’Iran lundi soir.

« Nous prenons le monde tel qu’il est, et non comme nous voudrions qu’il soit », répète Mark Carney. Mais que signifie cette maxime au lendemain de l’attaque des États-Unis et d’Israël contre l’Iran ?

Mark Carney ressemble plus à un président qu’à un premier ministre.

Pour le Parti québécois (PQ), les bonnes nouvelles en attirent d’autres. Une partielle ne fait pas le printemps. Mais après quatre partielles de suite, on peut parler d’une tendance qui laisse entrevoir le retour des beaux jours.

À quoi sert une commission d’enquête ?